HISTOIRE & LÉGENDES DE VILLENEUVE-LOUBET

Villeneuve-Loubet est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sa situation géographique est privilégiée entre collines et bord de mer, ainsi qu’au carrefour de toutes les infrastructures de transports : chemin de fer, aéroport et autoroute.
Elle est jumelée avec la commune italienne de Forlimpopoli.

Villeneuve-Loubet compte 14 423 habitants selon l’Insee. Sa population est jeune avec 29 % de moins de 40 ans. Du village médiéval à la fascinante architecture de Marina Baie des Anges, Villeneuve-Loubet allie l’authenticité d’une histoire préservée et d’un littoral dynamique accueillant chaque année de nombreux touristes et visiteurs.

 

Des vestiges datant de l’Antiquité

 

Les premières traces d’occupation sur la commune remontent à la protohistoire. Le site de Villeneuve-Loubet appartenait au territoire de la cité d’Antipolis. A Vaugrenier, les fouilles archéologiques des années 70 témoignent de la présence de Romains et elles ont mis au jour les restes d’un sanctuaire grec du II° siècle avant J.C ainsi que les vestiges d’un grand temple édifié au centre d’une agglomération romaine implantée le long de la via Aurelia au Ier siècle de notre ère.

 

Romée de Villeneuve

 

Il est le plus jeune fils de Giraud de Villanova, sa famille est originaire d’Aragon en Catalogne. Son nom vient du provençal Roumieu qui signifie pèlerin. Personnage incontournable de l’histoire de la Provence, tant pour son impact local que régional, Romée a contribué à unifier et administrer le territoire aux cotés de Raymond Bérenger V, comte de Provence. Tour à tour chanoine de Fréjus, juge de Provence, baile, conseiller politique, seigneur doté de nombreuses possessions comtales qu’il administre avec talent, Romée est l’homme incontournable du Comte. Négociateur et diplomate habile, il offrira aux filles de Raymond Bérenger des noces royales, forgeant notamment une alliance capétienne solide avec le mariage de Marguerite de Provence avec le futur Saint Louis.

Mais Romée est également le bras armé du Comte, notamment en charge de ramener à la raison l’aristocratie de la partie orientale du comté de Provence de 1227 à 1230. C’est dans ce cadre que Romée recevra de nombreuses dotations dans la région de Vence tout en administrant la région de Nice. Et voilà comme Romée devient, vers 1230, Romée de Villeneuve en fondant une nouvelle seigneurie, fruit de l’unification des territoires conquis du Loubet, de la Garde et du Gaudelet, sur les deux rives du Loup, avec un pied dans le diocèse de Vence et un autre dans le diocèse de Grasse. Sur ses terres de Villeneuve, Romée entame alors la construction d’un château à donjon pentagonal. Cette construction lui permet d’affirmer sa puissance et de prendre le nom de sa lignée, ce que sa place de cadet lui interdisait jusque-là.

La renommée de Romée n’étant plus à faire, il est mentionné dans Histoire et Chronique de Provence par Nostredamus et cité au sein du Paradis de la Divine comédie de Dante. Cependant, malgré son importance politique dans la constitution du territoire provençal, ce personnage n’a pas de biographe officiel, et n’est connu que par des mentions dans des actes, des titres de possession ou encore son testament. Le fruit sans doute de sa « disgrâce » avec l’avènement des Angevins. Charles d’Anjou l’écarte, en effet, du pouvoir en 1246 et Romée se retire alors sur ses terres de Provence orientale où il meurt vers 1250, peu de temps après avoir rédigé son testament.

 

La forteresse médiévale

 

Château de Villeneuve-loubetEdifiée vers 1230, la forteresse est un des rares exemples de l’architecture médiévale dans les Alpes-Maritimes. Elle a gardé son magnifique donjon pentagonal de 32 mètres de haut. Devenu plus tard un lieu de villégiature, ses dernières modifications datent de la fin du XIX°. Le parc, planté d’espèces méditerranéennes et exotiques, est inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques.

 

Propriété privée appartenant à la famille Panisse-Passis depuis 1742, l’Office de Tourisme y propose néanmoins régulièrement des visites guidées. Au XVI° siècle, les Lascaris, seigneurs de Villeneuve sont parvenus à reconstruire et repeupler le village, déserté suite aux épidémies et aux disettes. Villeneuve-Loubet rencontre alors l’histoire de France, en se trouvant au cœur des guerres d’Italie opposant l’empereur Charles Quint au Roi de France.

Occupé en 1524 par le Connétable de Bourbon, à la tête des armées impériales, puis en 1536 par l’Empereur Charles Quint en personne, le château connaîtra ses heures de gloire en 1538 quand le Roi de France, François Ier, viendra y séjourner pour négocier la Trêve de Nice avec l’Empereur à la demande du Pape Paul III. Une reconstitution historique grandeur nature est organisée chaque année en été dans le village.

 

La Belle Epoque

 

A la Belle Epoque (1870-1914), avec ses commerces, ses artisans, la commune qui compte alors un millier d’habitants est une petite bourgade très animée. Sa principale vocation est agricole grâce aux terres irriguées par le Loup où les cultures maraîchères prospèrent. On y cultive aussi le blé, la vigne, les oliviers et les plantes à parfum (menthe, géraniums, rose de mai) pour les parfumeries de Grasse.

L’élevage du ver à soie qui illustre pourtant le blason de la commune a disparu, remplacée par la production de tabac. La commune devient un lieu de villégiature où les citadins prennent l’habitude de venir se détendre sur les rives du Loup.
L’arrivée du tramway au début du XX° siècle ancre définitivement la vocation touristique de Villeneuve-Loubet.

Au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale, le Maréchal Pétain élira résidence dans une superbe propriété du côté des Ginestières, détruite depuis. Le site accueille aujourd’hui l’IME Henri Wallon.

 

 

Le Blason

 

Blason Villeneuve-LoubetEn l’an 1696, Villeneuve-Loubet adopte le blason « d’or aux deux cocons de vers à soie de sable en sautoir ». La sériciculture est à l’époque une activité très répandue dans le sud-est de la France, devenue une spécialité locale à Villeneuve-Loubet.

 

La légende dei Granouië

 

Selon la légende, les rivières et les berges humides de Villeneuve-Loubet attiraient autrefois les grenouilles en quantité et troublaient par leurs coassements incessants le sommeil des villeneuvois. Une nuit, les villageois mirent fin à ce vacarme en les chassant armés de bâtons, fourches, branches…

Depuis ce jour ils ont été affublés d’un surnom “Lei Granouië” qui désigne en provençal le héron, prédateur de grenouilles. Cette dernière est devenue la mascotte de la cité et l’association des anciens du village porte le nom de Lei Granouië.

 

Auguste Escoffier

 

Musee EscoffierVilleneuve-Loubet est la patrie du grand cuisinier provençal du XIXe siècle, Auguste Escoffier (1846-1935). Apprenti cuisinier chez son oncle dès l’âge de 13 ans, il entame une carrière qui prendra une envergure internationale grâce à sa rencontre avec César Ritz en 1884.

Visionnaire et attaché à l’amélioration de sa discipline, Escoffier réorganise l’espace de la cuisine en créant de nouveaux ustensiles et en instaurant le système des brigades que l’on emploie encore aujourd’hui.

Conscient que la cuisine est l’affaire de tous et non une discipline réservée aux élites, il met au point le bouillon Kub pour Julius Maggi et entame une réflexion sur la conservation des aliments et sur les repas rapides et équilibrés. Dans la même optique, il met en avant la convivialité à table et fait du confort de ses clients une de ses priorités.

Homme polyvalent, Auguste Escoffier est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la gastronomie. Le plus célèbre reste son Guide Culinaire, contenant plus de 5000 recettes, qui pose les bases de la cuisine moderne et qui est encore aujourd’hui considéré comme un incontournable par les chefs.

Humaniste très concerné par les problèmes de la société de son temps, il n’avait de cesse de s’engager pour défendre ses idées. Il est à l’origine, notamment, de la première mutuelle des cuisiniers en Grande-Bretagne et crée les premiers dîners caritatifs dits d’Epicure. L’ensemble de sa carrière lui vaut d’être élevé au grade d’Officier de la Légion d’honneur et d’être reconnu comme « Roi des cuisiniers et cuisinier des Rois ».

Décédé en 1935, le père de la célèbre pêche Melba repose dans le caveau familial au cimetière de la commune. Aujourd’hui encore, son héritage demeure bien présent et continue de perdurer aux travers de la fondation des disciples d’Escoffier et du musée de l’Art Culinaire qui est installé au cœur de la maison natale d’Auguste Escoffier, dans le village de Villeneuve-Loubet.

 

Marina, “patrimoine architectural du XX° siècle”

 

Après la seconde guerre mondiale, de nombreux projets d’aménagement transforment le petit bourg agricole en commune littorale, résidentielle et touristique.

Au moment où la Côte d’Azur devient une destination de choix pour les vacances d’été, Villeneuve est la capitale française des campings avec une trentaine de terrains implantés principalement au bord de la Méditerranée auxquels viennent s’ajouter des programmes immobiliers de grande qualité (Les Hauts de Vaugrenier, Les Hameaux du Soleil, le Domaine Saint-Andrieu).

Le plus célèbre de ces programmes reste Marina Baie des Anges, construit entre 1969 et 1993 sur des terrains acquis par Lucien Nouvel. L’architecte André Minangoy dessine un véritable complexe touristique autour d’un port de plaisance et Jean Marchand, son promoteur parviendra à mener à bien cet ambitieux projet, classé en 2001 “patrimoine architectural du XX° siècle”.

 

La grotte mystérieuse

 

Seules les authentiques villeneuvois connaissent ce lieu dont nous nous sommes engagés à ne pas donner l’adresse. Au fond d’une grotte volcanique et calcaire, une madone sur son autel rappelle aux anciens un épisode douloureux de la seconde guerre. C’est en effet dans cette grotte protectrice que des familles villeneuvoises trouvèrent refuge en 1944 pour fuir les bombardements. Elle n’est donc pas oubliée pour tout le monde

 

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